Le prix du baril du brut a gagné plus de 40 dollars depuis le début de
l'année et flirte désormais avec les 100 dollars. Cette envolée frappe de plein
fouet l'industrie du jouet, dont 71% des produits sont à base de plastique,
selon la Fédération américaine des jouets (TIA).
Le plastique représente environ 40% du coût final d'un jouet, selon la TIA.
Prenant les devants, le géant américain Mattel a déjà augmenté les prix de
plusieurs articles, dont celui de sa célèbre poupée Barbie.
Les distributeurs et fabricants "ne peuvent pas assumer en totalité la hausse
des coûts, donc elle est passée au consommateur d'une façon ou d'une autre dans
le prix final", confirme à l'AFP Benoit Pousset, PDG du groupe français Cesar
SA, numéro un mondial des masques et déguisements.
Mais les prix des jouets, commandés dès le printemps, sont généralement fixés
plus de six mois à l'avance, et pour ce Noël 2007 la hotte du Père Noël sera
largement indemne.
"Ce sont les fabricants qui vont supporter la hausse cette année, pas les
consommateurs", estime la TIA.
Mais, en 2008, le pétrole cher va renchérir à la fois le plastique et le
transport depuis l'Asie. S'y ajoutera le coût des tests mis en place par la
Chine pour éviter que son image ne se dégrade davantage, après une série de
rappels de produits potentiellement dangereux pour les enfants.
Les coûts de main d'oeuvre ont aussi augmenté de 20% dans la province de
Guangdong où se trouvent plus de 5.000 des 8.000 fabriques de jouets du pays,
tandis que les prix de vente n'ont progressé que de 10%, indique la TIA.
La Chine produit 80% des jouets vendus dans le monde, et la hausse du pétrole
pèse aussi lourdement sur les fabricants locaux, car ceux-ci sont le plus
souvent payés en dollar, qui a baissé face au yuan.
Pour les consommateurs, l'augmentation sera d'environ 10%, évaluent les
industriels du secteur. Par exemple, une poupée Barbie d'entrée de gamme,
actuellement vendue 6,99 dollars, grimpera jusqu'Ã 7,70 dollars.
"Il va y avoir une hausse des coûts de transports qui va se répercuter sur le
prix final au consommateur", a confirmé à l'AFP Emilia Ferreia, de la fédération
européenne du jouet (TIE), en soulignant que cette hausse ne pourrait être
exactement chiffrée qu'au début de l'année 2008.
Les entreprises verront leurs bénéfices réduits, comme l'a déjà prévenu
Mattel.
Fabricants et distributeurs se tournent donc vers des solutions alternatives:
commercialisation de jouets en bois, recours aux tissus en coton et recherche de
nouveaux fournisseurs.
Le groupe Cesar a par exemple décidé d'utiliser un peu plus de coton dans ses
usines "là où c'est possible".
A l'opposé, d'autres parient sur le haut de gamme et tentent de produire des
jouets plus sophistiqués, qui coûteront entre 10 et 20% plus cher.
L'industrie mondiale du jouet représente un marché d'environ 50 milliards de
dollars, d'après les analystes.