Histoire du Père Noël
Par Fête de Noël le jeudi, décembre 20 2007, 00:30 - Père Noël - Lien permanent
Histoire du Père Noël
Saint Nicolas ou Nicolas de Myre, le personnage qui a servi de source
d'inspiration au Père Noël, vivait au IVe siècle au sud de la Turquie
actuelle près d'Antalya. Il était évêque de Myra. Il fut contemporain
de la dernière vague de persécutions et du Concile de Nicée, moment
important du christianisme. Selon la légende, il aurait sauvé de la
mort trois enfants. À partir du XIIe siècle, la légende du saint
s'enrichit avec le personnage du père Fouettard qui punit les enfants
désobéissants. Ce personnage disparaît lors du passage au mythe de
Santa Claus.
Au XIe siècle, sa momie est volée par des marchands italiens, mais ils
laissent sur place un morceau de crâne et de mâchoire. Rapportée à Bari
en Italie, la relique produirait des miracles.
En Europe, les rituels liés à l'approche de l'hiver sont ancestraux.
Une tradition païenne voulait que, pour exorciser la peur de
l'obscurité, les jeunes hommes se grimaient et allaient de maisons en
maisons pour quémander des offrandes. Le vieux qui présidait ce
cortège, est appelé « Noël » dès le XIIe siècle en France. Au Moyen
Âge, l'Église catholique décide de remplacer les figures païennes par
des saints. Saint Nicolas est alors présenté comme le saint protecteur
des enfants. En mémoire, le 6 décembre de chaque année, un personnage,
habillé comme on imaginait que saint Nicolas l'était (grande barbe,
crosse d'évêque, mitre, grand vêtement à capuche), va alors de maison
en maison pour offrir des cadeaux aux enfants sages.
À la Réforme, les protestants luthériens, qui rejettent le rôle
patronal des saints, remplacent saint Nicolas par l'enfant Jésus (le
Christkind allemand). C'est au Pays-Bas que saint Nicolas se transforme
après la Réforme en un personnage semi-laïc, Sinter Klaas. Étrangement,
au Canada, les francophones catholiques utiliseront longtemps le
personnage de l'enfant Jésus, alors que Santa Claus se chargera de
distribuer des cadeaux aux petits anglophones. De même, bien avant la
popularisation du père Noël, les catholiques français attribuaient au
Petit Jésus les cadeaux de la nuit de Noël.
Au XVIIIe siècle, les souverains allemands entament un processus de laïcisation : les figures chrétiennes sont remplacées par d'anciens symboles germaniques. C'est le retour du petit peuple des fées, des elfes et du vieil homme de Noël ((de) Weihnachtsmann) qui distribue en traîneau des sapins décorés de cadeaux.
Parallèlement, les États-Unis adoptent la coutume néerlandaise de fêter saint Nicolas. Ce sont en effet les Hollandais qui fondent la Nouvelle-Amsterdam au XVIIe siècle, qui deviendra New York quand elle sera prise par les Anglais. Après la guerre d'indépendance, ses habitants se souviennent de leurs racines hollandaises et Sinter Klaas revient par la littérature et les illustrations. Il s'agit alors d'un vieillard à barbe blanche portant un manteau à capuchon. Moralisateur, il récompensait les enfants sages et punissait les dissipés. Progressivement, cette « fête des enfants » est rapprochée de la célébration de la nativité.
Le 23 décembre 1822, le pasteur américain Clement Clarke Moore publie un poème intitulé A Visit from St Nicholas, dans lequel il présente saint Nicolas comme un lutin sympathique, dodu et souriant, qui distribue des cadeaux dans les maisons et se déplace sur un traîneau volant tiré par huit rennes nommés Fougueux (Dasher), Danseur (Dancer), Fringant (Prancer), Rusé (Vixen), Comète (Comet) , Cupidon (Cupid), Tonnerre (Donder) et Éclair (Blitzen). Ce poème a joué un rôle très important dans l'élaboration du mythe actuel. Publié pour la première fois dans le journal Sentinel de New York le 23 décembre 1823, il fut repris les années suivantes par plusieurs quotidiens américains, puis traduit en plusieurs langues et diffusé dans le monde entier.
C'est vers 1850 que le passage de la célébration de la Saint-Nicolas à celle de Noël se fixe au Royaume-Uni, en lien avec Charles Dickens et ses « Livres de Noël ».
En 1860, le journal new-yorkais Harper's Illustrated Weekly représente Santa Claus vêtu d'un costume orné de fourrure blanche et d'une large ceinture de cuir. Pendant près de 30 ans, Thomas Nast, illustrateur et caricaturiste du journal, illustra par des centaines de dessins tous les aspects de la légende de Santa Claus et donna au mythe ses principales caractéristiques visuelles : un petit bonhomme rond, la pipe au coin de la bouche comme un Hollandais, recouvert de fourrure. C'est également Nast qui, dans un dessin de 1885, établit la résidence du Père Noël au pôle Nord. Cette idée fut reprise l'année suivante par l'écrivain George P. Webster.
L'idée selon laquelle le Père Noël aurait été dessiné par la compagnie Coca-Cola en 1931 est une légende urbaine.[1] Une étude de la représentation du Père Noël dans les années précédentes montre en effet que son aspect était déjà bien défini et ancré dans l'imaginaire public. Avant Coca-Cola, de nombreuses firmes avaient déjà utilisé son image dans des publicités, comme Michelin par exemple.[2] Finalement, son apparence n'a pas beaucoup changé depuis les premiers dessins en couleurs de Thomas Nast.
En France, les catholiques, qui depuis longtemps s'échangeaient des petits cadeaux le soir de Noël en l'honneur de la naissance du Christ, résistèrent longtemps au « père Noël », patronyme qui désignera le personnage popularisé en France par les Américains à la fin de la Seconde Guerre mondiale.
Aujourd'hui, le Père Noël est également utilisé le 25 décembre, dans des pays n'ayant pas de tradition chrétienne, tels que la Chine, comme outil de vente et comme occasion de faire des cadeaux, de décorer la ville et de réunir la famille.
La hotte du père Noël peut être un panier ou alors être une sorte de grand sac marron, dans lequel les cadeaux de tous les enfants doivent être entreposés.

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