Saint Boniface, qui prêchait la nativité, décréta que l'arbre miraculé serait appelé l'arbre de l'enfant Jésus. Depuis, en Allemagne, on plante de jeunes sapins pour honorer sa naissance.

Au XIe siècle, le sapin décoré de pommes rouges symbolise l'arbre du paradis. Au XIIe siècle, cette tradition se répand dans toute l'Europe du Nord, en Scandinavie, et aborde la France par l'Alsace.

Au XVIe siècle, les protestants s'attachent à la tradition de l'arbre de Noël pour se démarquer des catholiques. Confiseries et petits gâteaux s'associent aux pommes rouges pour décorer le sapin. Au sommet de l'arbre, une étoile... L'étoile de Bethléem.

En Alsace, des roses, symbole de la Vierge, et des gâteaux qui ressemblaient à des hosties venaient s'ajouter à l'ornement. L'Eglise tolérait cette pratique de l'arbre de Noël, qu'elle considérait issue du paganisme et de la franc-maçonnerie.

Fin XVIIesiècle, apparaissent les premiers sapins illuminés, grâce à des coquilles de noix remplies d'huile dans laquelle flottait une petite mèche.

En 1738, l'épouse polonaise de Louis XV introduisit le sapin décoré au château de Versailles. Un siècle plus tard, la duchesse d'Orléans, d'origine Allemande, fait décorer un sapin aux Tuileries.

Après la guerre de 1870, les immigrés d'Alsace-Lorraine firent connaître la tradition de l'arbre de Noël aux Français, qui l'adoptèrent. Chaque région apporta sa petite touche à la décoration. Par exemple, les petits personnages en coton et cheveux d'anges sont d'origine lyonnaise.

En 1858, l'hiver mosellan fut si rigoureux qu'il n'y avait plus de pommes. Un artisan verrier eut l'idée de souffler des boules de verre pour remplacer les pommes du paradis. Il confectionna d'autres fruits colorés et l'arbre retrouva sa silhouette de fête.

La fée électricité vint s'associer à l'arbre de Noël aux Etats-Unis, en 1880. Une guirlande d'ampoules coûtait à l'époque un mois de salaire pour un Américain moyen.

Bonne fête de Noël à tous ! Et surtout, n'accrochez aucune décoration qui pourrait mettre le feu au sapin et réduire en cendres ces heures de joie...

Ce sujet de Pascal Pistacio a été diffusé le 21 décembre 2004.