Aspects sociologiques et économiques de la fête de Noël
Par Fête de Noël le vendredi, décembre 14 2007, 13:46 - Economie finance - Lien permanent
Avec la mondialisation des échanges culturels et la laïcisation de la société, les festivités liées à Noël prennent progressivement un caractère profane et familial et sont de plus en plus déconnectées de l'interprétation religieuse.
Noël devient donc, pour certains, une fête païenne où, généralement, des membres d'une même famille se retrouvent et s'échangent des cadeaux entre eux selon un rituel assez universel : décoration de son habitation et de l'arbre de Noël (sapin dans les pays froids ou tempérés) ; installation le soir du 24 décembre pour le réveillon de Noël des chaussures de tous les membres de la famille au pied de l'arbre ; ouverture des cadeaux quelques heures après, souvent le matin du 25 décembre ; repas constitué d'une dinde de Noël et se terminant par une bûche de Noël ; etc. Ce rituel
se retrouve également à l'échelle d'une population locale avec la
décoration des rues et vitrines de magasin des villes et villages dès
le début du mois de décembre, la venue du père Noël sur les marchés ou
dans les écoles maternelles, ou en janvier par la galette des rois, qui
fête l'arrivée des rois mages auprès de l'enfant Jésus.
Ces traditions sont très largement admises et partagées par la majorité
des chrétiens pratiquants qui particularisent leur fête religieuse par
l'ajout d'une crèche et, pour les catholiques, la célébration de la Nativité
pendant la messe de minuit ; quelques-uns y voient cependant un
détournement de la fête de Noël. Déchristianisé, ce jour devient, pour
certaines familles, la fête où les parents célèbrent leurs enfants : ils manifestent leur amour par des cadeaux sans raison (contrairement aux anniversaires, fêtes individuelles, etc.).[3]
D'autres grandes religions connaissent des fêtes où les parents remercient leurs enfants d'exister (par exemple Pourim dans la tradition juive). Mais les instances catholiques expriment depuis longtemps leur désapprobation devant la tournure mercantile que prend cette fête[4]. Exceptionnellement cette désapprobation a pu prendre des aspects pour le moins spectaculaires, comme le 23 décembre 1951 où une effigie représentant le père Noël fut brûlée sur le parvis de la cathédrale de Dijon par des paroissiens. On vit alors les forces de gauche mener des manifestations de défense du vieux bonhomme, pourtant symbole de la société de consommation et génie du marketing événementiel. Ce fait divers a largement inspiré la rédaction d'un article de Claude Lévi-Strauss en mars 1952 : Le Père Noël supplicié.
L'achat massif de cadeau de Noël pour Noël a pour effet un pic dans la consommation, notamment sur les secteurs du jouet, du loisir et de la restauration.
En réponse à cette frénésie d'achats, une journée mondiale sans achat, programmée le plus souvent le 25 novembre, est organisée par les adbusters aux fins de dénoncer l'aspect économique de cette fête, et par extension la consommation de masse en général.

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